Le relevage de la vigne est l’opération par laquelle on guide les rameaux en croissance entre les fils releveurs du palissage. C’est un geste à la fois mécanique, sanitaire et qualitatif : il structure la végétation, ouvre la canopée à la lumière, facilite la circulation des traitements et prépare la mécanisation ultérieure. Raté ou mal planifié, il se paie en pertes sanitaires et en pénibilité accrue.
Relevage, accolage : de quoi parle-t-on ?
Le terme relevage désigne l’action de faire monter les fils releveurs (ou fils paires) qui étaient abaissés l’hiver, pour coincer les pousses entre eux au fur et à mesure de leur croissance. L’accolage désigne plus précisément l’attache individuelle des rameaux sur les fils à l’aide de liens. Les deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable.
Quand effectuer le premier relevage ?
Le premier relevage intervient lorsque les pousses atteignent 30 à 50 cm, avant qu’elles ne commencent à retomber ou à se croiser. En Charentes, cela correspond généralement à la mi-mai jusqu’à la première quinzaine de juin, selon le cépage et la précocité de l’année. En 2026, les parcelles précoces étaient déjà au stade de premier relevage dès le 10 mai.
Un relevage tardif expose les pousses à la casse au vent et favorise l’entassement de feuilles à l’intérieur du rang, terrain idéal pour le mildiou.
La technique du relevage
Les passages successifs
Le relevage se fait en 2 à 3 passages. Le premier coince les pousses entre la première paire de fils releveurs. Le deuxième monte d’un cran. Le troisième, si nécessaire, ferme le sommet du palissage. L’intervalle entre deux passages dépend de la vitesse de croissance (souvent 10 à 15 jours en pleine pousse).
Les rameaux à guider, ceux à supprimer
À chaque passage, le viticulteur peut aussi ébourgeonner les pousses doubles ou mal placées, et renforcer l’épamprage de base. Relevage et ébourgeonnage se raisonnent ensemble : ils concourent au même objectif d’équilibre de la végétation.
Le matériel d’accolage
Plusieurs solutions cohabitent : liens plastiques, attaches métalliques, agrafes posées à l’agrafeuse pneumatique, clips biodégradables. Le choix dépend de l’échelle de l’exploitation, de la disponibilité en main-d’œuvre, et de la sensibilité environnementale.
Sur jeune vigne : un relevage d’éducation
Sur les parcelles de 2ᵉ ou 3ᵉ feuille, le relevage joue un rôle d’éducation : il force la pousse principale à grandir droite, vers la hauteur cible du cordon ou du tronc. Les pousses secondaires sont généralement supprimées. L’objectif est d’obtenir une unique tige rectiligne, vigoureuse, qui deviendra le futur tronc.
Cette phase s’articule avec la construction du cep en 2-3 hivers de taille de formation : le relevage estival prépare la taille hivernale suivante.
Les bénéfices d’un relevage soigné
- Aération de la canopée : moins d’humidité résiduelle, moins de pression mildiou et oïdium.
- Pénétration de la pulvérisation : traitements plus efficaces, éventuelle réduction des doses.
- Exposition des grappes : maturation plus régulière, meilleure qualité gustative.
- Facilitation du travail mécanisé : rognage, écimage, vendanges, tout est plus simple quand la végétation est tenue.
Un geste qui repose sur un palissage bien pensé
Un relevage efficace suppose un palissage adapté : hauteur suffisante, fils bien tendus, piquets de tête solides. Ce choix se fait à la plantation et ne se revisite qu’à grands frais ensuite. Raison de plus pour soigner le plan dès le départ, comme on le détaille dans notre page sur la densité de plantation et le palissage.
Voir le service de plantation de vigne complet des Pépinières Trotin.
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